Deuxième famille = p (YO PZX)
Elle comprend deux manuscrits qui semblent parents : le Petropolitanus 42216, du IXe, et le Palatino-Vaticanus 92717, de la fin du XIIe s., et nous sont parvenus à l'état de fragments ; les deux manuscrits ont été copiés à Vérone ou dans son aire d'influence :
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le Petropolitanus 422 (Y), un manuscrit du IXe s. conservé à St Pétersbourg, a fait partie de la collection Dubrowsky, dont il porte la marque au f. 1r. Il ne reste du texte de l'Abrégé que le livre I, sans la préface, qui commencepar l'inscription Incipit epitoma ex libris pompei trogi, et le livre II qui porte un titre : de scytharum regno.
On y relève quelques corrections et interpolations du IXe s.
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le Palatino-Vaticanus 927 (O) a été écrit au monastère de la Sainte Trinité près de Vérone en 1181. Il n'en reste que le début, à partir de la préface (livre I et II, jusqu'à II,5,12) et la fin (livres XLIII-XLIV).
et trois manuscrits complets de la fin du XIIIe et du XIVe s. : Brit. Mus. Add. 1990618, Harleianus 482219 et Laurentianus 66,1920, qui présentent une lacune commune (36, 1,1 - 2,16) et ont vraisemblablement un modèle commun, soit celui de P, soit P lui-même. Il faut sans doute ajouter à cette famille le Neapolitanus IV. C. 43, un manuscrit qui compte 44 ff. et a été écrit en 1279 par Petrus de Dolcanis de Vérone. Ce manuscrit qui porte le sigle G dans les éditions précédentes est surchargé de corrections et de gloses marginales et très corrompu et interpolé21.
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Le Brit. Mus. Add. 19906 (P) a été copié en 1290 par un des premiers humanistes, le Padouan Lovato Lovati (1241-1309), sur un modèle exécuté au monastère de Pomposa (delta du Pô) peu avant 110022. Le manuscrit contient aussi des poèmes de Lovato Lovati.
Au f. 1r, P a un titre : .T. Nomine domini incipit prologus pompei trogi primo uolumine continentur hec ... ; au f. 4r, on lit : Explicit prologus incipit praephatio de centius delubrio ... Explicit praefatio. Incipit Initium operis ; au f. 7r Pompei trogi epitoma historiarum lib primus explicit incipit secundus liber.
Au f. 60r P porte une souscription recopiée sur son modèle : Explicit deo iuuante pompei trogi liber XLIIII scribente teuzone monacho pomposie nepote episcopi teuzonis. die mensis dec XXIII regnante henrico imperatore pomposiam uero gubernante hieronimo abbate. Gens permixta aliis gentibus sarracenos persequitur.
On note des scholies de deux mains du XIVe et du XVe s. et des corrections d'une main du XVe s.
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L'Harleianus 4822 (Z), écrit au XIVe s., contient à la suite du texte de Justin une Historia Francorum ; par ailleurs, le manuscrit porte à peu près les mêmes inscriptions que P.
On remarque la perte du f. 49 : ad persas (41,1,4) - caede ex secu (42,1,5) qui a été remplacé par un f. écrit d'une main plus récente, et des corrections par un érudit du XVe s. qui a utilisé un manuscrit de la classe II
Il a été catalogué par Zacharias dans les livres de la Bibl. Pistoriensis23.
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Le Laurentianus 66,19 (X) a été ausi écrit au XIVe s., en deux colonnes, et corrigé par une main du XVe s. qui a utilisé un manuscrit de la classe II ; c'est le plus contaminé des manuscrits de la classe I. Le texte de Justin commence au f. 4v ; après la fin de la préface, il y a une interpolation ; d'abord une rubrique, Policratus in prologo suo dicit , puis à l'encre noire : Nouerca siquidem uirtutis prosperitas, betul'sius sic applaudet ut narrat. Et infelici successu sic inicia fortunatis obsequitur ut in finem perniciem operetur. Convivis suis ab initio propinans dulcia et cum in ebrietati fuerint letale uirus imiscet et quod deterius est quo spem sui clarescit amplius eo stupentibus odiis densiorem infundit caliginem ; et enfin une seconde rubrique : Explicit praefatio. Incipit initium operis.
Après le texte de l'Abrégé, le copiste a transcrit des extraits d'Orose, des lettres d'Honorius et la Chronique de Bède le Vénérable (f. 78r - 164v).
Classe II = i (EFSL)
La classe II est mise en évidence par l'étude de quatre manuscrits, l'un du Xe s., l'Eusebianus 17724, et les autres du XIe s., le Laurentianus 66, 2025, le Sessorianus 1726 et le Vossianus L.Q. 10127 qui sont étroitement apparentés. L'Eusebianus, le Laurentianus et le Vossianus ont trois lacunes importantes (II, 13,8-15,3 ; VIII, 3,11-4,12 et XII, 10,6-21,4) qui remontent à leur ancêtre commun qui avait perdu des pages. Le Sessorianus, perdu jusqu'à XVIII, 7, 11, présente pour sa partie conservée un texte étroitement parent de celui des trois autres. Le Marcianus 35028, qui a peut-être appartenu à Boccace appartient à la même tradition et n'a pas d'intérêt pour l'établissement du texte ; il se termine dans les derniers paragraphes du livre XXXVIII (10,8).
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L'Eusebianus 177 (E) a été probalement écrit à Verceil et corrigé ensuite par plusieurs mains, toutes sans valeur. Il n'a pas d'incipit ancien et commence à la préface précédée de l'indication : Pompei Trogi praefatio. E porte des corrections de plusieurs mains, dont une du XVe s. qui a utilisé un manuscrit d'une autre tradition.
À la suite du texte de Justin se trouve un traité d'astrologie attribué à Apulée
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Le Laurentianus 66, 20 (F) est identifiable au Mediceus I des anciens éditeurs ; de provenance inconnue, il a été corrigé par plusieurs mains, toutes sans valeur. Le début est illisible. À la fin de la préface, on lit : explicit prologus / pompeii trogi . liber I incipit. Les livres sont séparés par la mention : Trogi liber expl.... inc....
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Le Sessorianus 17 (S), conservé à la Bibl. Nat. à Rome, a appartenu à la bibliothèque universitaire de Hesse, puis à la bibliothèque Victor-Emmanuel ; d'après Rühl, citant Gronovius, il était encore complet au XVIIIe s. Dans son état présent, il commence à VIII,7,12 superbe spreuisti et présente une grande lacune aux livres XLI-XLII (XLI,3,4-XLII,4,12, due à la perte d'un feuillet. À la fin de l'Abrégé il porte la mention : Pompei Trogi lib. XLIIII expl.
À la suite du texte de Justin, se trouvent Solin et les vingt-huit premiers chapitres de la Règle de s. Benoît.
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Le Vossianus L.Q.101 (L), qui compte 136 ff., est d'origine inconnue : sans doute a-t-il été écrit en Italie par plusieurs copistes qui ont travaillé successivement29; il est identifiable au Leidensis V de Gronovius. On y relève des corrections d'un réviseur qui utilisait le même modèle que le copiste, et d'une troisième main sans valeur. L a été en possession de Landolfo Colonna qui l'a annoté au début du XIVe s.
Classe III = g (C D)
La troisième classe des manuscrits de l'Abrégé n'est représentée que par deux éléments, le Laurentianus 66, 2130 du XIe s. et le Vaticanus latinus 186031 du début du XIVe s.
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Le Laurentianus 66, 21 olim Casinas (C) contient les livres XVI-XXVI jusqu'à XXVI,1,8 princeps eorum, et XXX, à partir de 2,8 facta inter jusqu'à XLIV,4,3 requirendum. Écrit en écriture bénéventine au Mt Cassin, il se compose de treize cahiers, douze quaternions et un binion dont la dernière page est perdue. Bien que commençant au livre XVI, le manuscrit commence par les mots : M. Iuniani. Iustini epithoma historiarum lib. XIV exp. Incipit XV. Au f. 1r, en bas, on lit iste liber est ecc casinen ; au milieu de la dernière page : Liber Cosme Johannis de Medicis.
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Le Vaticanus latinus 1860 (D), copié en 1313, est un beau manuscrit écrit sur deux colonnes de soixante-quinze lignes, d'une petite écriture soignée, avec des initiales ornées. Formé de 194 ff., il rassemble de nombreuses œuvres : f. 1r Florus, f. 16r Suétone, f. 64r Végèce, f. 80r Eutrope/Paul Diacre, f. 89r Festus, f. 91r liber Tarantellorum, f. 102r Salluste, f. 118r les Septimini dictys; f. 134r Solin. Du f. 152r au f. 182v on a l'Abrégé de Justin, sans les Prologues, avec l'inscription : Iuniani Iustini epithoma historiarum liber primus... Le manuscrit se termine par le texte de Frontin.
Que D dérive de C, cela avait déjà été bien vu par Rühl, mais l'éditeur croyait que pour les parties qui manquent dans C, le copiste avait utilisé une compilation de manuscrits d'autres classes, donc que D n'avait pas d'intérêt pour l'établissement du texte. Seel, après avoir collationné le manuscrit, sauf une petite partie, a jugé que le copiste de D avait utilisé un manuscrit de la même tradition que C , et peut-être même le modèle de C. Je pense qu'on peut aller plus loin et, étant donné que le copiste de D et le second correcteur de C (C3) sont la même personne, dire que D a été peut-être en partie copié sur C, qui était alors entier sauf les deux lacunes communes aux deux manuscrits (XXIV, 3,5-4,4 et XLIII, 4,3-7), la première résultant de la perte d'un feuillet de C ou de son modèle, et la seconde étant un saut du même au même (cum [... cum] ut). Le modèle de D, qu'il s'agisse de C ou du modèle de C, était par places délabré ou illisible, en particulier au début et à la fin, si bien que le copiste de D a eu recours pour combler les lacunes de son modèle principal à un manuscrit de la classe II, ce qui explique les deux fautes communes remarquables de i et D dans la préface32 et au livre I33, ainsi que quelques leçons fautives qu'on lira dans l'apparat critique.
Seuls à nommer l'auteur de l'Abrégé, C et D présentent un grand nombre de variantes textuelles avec le texte transmis par les manuscrits des classes I et II ; si certaines sont des fautes manifestes, d'autres sont des leçons parfaitement recevables : corrections faites par un "éditeur" savant du IXe s., amplification d'expressions de l'auteur de l'Abrégé, mais aussi bonnes leçons probables dans certains cas, malgré l'accord des classes I et II sur un texte différent qu'il est parfois délicat d'attribuer à une faute transversale. La comparaison du texte des Histoires d'Orose, dont Justin est la source quasi-unique pour l'histoire orientale, grecque et carthaginoise, avec celui des manuscrits anciens de Justin permet d'établir que l'exemplaire qu'il a utilisé était de la tradition de l'archétype g34, représenté pour nous par le Laurentianus 66, 21 (C) et le Vaticanus latinus 1860 (D), ce qui atteste l'ancienneté de cette tradition dont toutes les divergences d'avec les manuscrits issus des archétypes a et b ne peuvent être imputées à des corrections abusives ou à des fautes.
Lacunes des mss