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Marcus Junianus Justinus
Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée.
texte établi et traduit par Marie-Pierre Arnaud-Lindet.

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Livre XXVI

Antigone Gonatas. Dèmètrios le Beau, Conséquences de la mort de Pyrrhos, 1,1—La tyrannie à Élis, 1,4—Antigone massacre les Gaulois, 2,1—Fragments du récit de la guerre de Chrémonide 2,7—Offensive d'Alexandre II d'Épire 2,9—Dèmètrios le Beau, 3,2.


1 2 3

Conséquences de la mort de Pyrrhos 1,1 Après la mort de Pyrrhos, ce n'est pas seulement en Macédoine qu'il y eut de grands mouvements de guerre, mais aussi en Asie et en Grèce. 2 En effet, d'une part les Péloponnésiens furent livrés par trahison à Antigone, 3 d'autre part, les hommes partagés entre la douleur et la joie, selon que leurs cités, chacune pour sa part, avaient espéré l'aide de Pyrrhos ou avaient éprouvé de la peur, entraient dans l'alliance d'Antigone ou bien se ruaient à la guerre les uns contre les autres avec une haine réciproque.

La tyrannie à Élis 4 Au milieu de cet état de trouble qui agitait les provinces, la ville des Épiens1 voit s'établir la tyrannie du prince Aristotimos2.

5 Alors que beaucoup des premiers de la cité avaient été tués et que d'autres, plus nombreux avaient été exilés, les Étoliens demandèrent au tyran par des ambassadeurs de rendre aux exilés leurs femmes et leurs enfants : 6 d'abord, il refusa, ensuite, comme s'il se repentait, il donna à toutes les mères de famille l'autorisation de partir retrouver les leurs, et fixa le jour de leur départ. 7 Celles-ci, pensant qu'elles allaient être exilées pour toujours avec leurs maris, emportaient tout ce qu'elles avaient de plus précieux ; alors qu'elles s'étaient rassemblées à la porte de la ville pour partir comme en une seule colonne, elles sont enfermées en prison, dépouillées de tous leurs biens ; auparavant, les petits enfants avaient été tués dans le giron de leur mère, les vierges enlevées pour les déshonorer.

8 Tandis que tous restaient pétrifiés devant une tyrannie si cruelle, le premier des citoyens, Hellanikos, un vieillard qui avait perdu ses enfants, en homme qui ne craignait rien ni pour sa vie ni pour les gages de son affection, réunit chez lui les plus loyaux de ses amis et les exhorte à venger la patrie. 9 Comme ceux-ci hésitaient à prendre des risques pour mettre un terme aux risques que courait la cité et comme ils demandaient du temps pour réfléchir, il ordonne à des serviteurs, qu'il avait fait venir, de fermer les portes et de faire prévenir le tyran pour qu'il envoie quelqu'un appréhender chez lui les conjurés ; Hellanikos leur jetait à la figure, à chacun, que puisqu'il ne pouvait être l'auteur de la délivrance de la patrie, il tirerait vengeance de l'abandon de celle-ci. 10 Tous, alors, enfermés dans une dangereuse alternative, choisissant la voie la plus honorable, jurent ensemble la mort du tyran et, ainsi, Aristotimos est anéanti, cinq mois après s'être emparé de la tyrannie.

Antigone massacre les Gaulois
2,1 Pendant ce temps, alors qu'Antigone était pressé sur plusieurs fronts, à la fois par le roi Ptolémée et par les Spartiates3 et qu'un nouvel ennemi - l'armée galate - affluait contre lui, ayant laissé une petite troupe contre les autres pour figurer un camp, il part contre les Gaulois avec toutes ses forces.

2 Ce qu'ayant appris, les Gaulois, alors qu'ils se préparaient eux-mêmes au combat, immolent des victimes pour prendre les auspices : alors qu'un grand massacre et le trépas de tous étaient annoncés par les entrailles, ce n'est pas la crainte qui s'empare d'eux, mais le délire guerrier, et espérant pouvoir expier les menaces des dieux par le massacre des leurs, ils égorgent leurs femmes et leurs enfants, inaugurant la guerre par un parricide. 3 Si grande était la rage qui avait envahi leurs cœurs farouches, qu'ils n'épargnaient pas un âge que les ennemis eux-mêmes eussent épargné et qu'ils faisaient une guerre d'extermination à leurs enfants et aux mères de leurs enfants, pour lesquels, d'habitude, on fait la guerre.

4 Et ainsi, comme s'ils avaient racheté par le crime leur vie et la victoire, ils marchent au combat, ensanglantés du massacre récent des leurs ; le résultat ne fut pas meilleur que le présage, 5 puisque les Furies qui poursuivent les parricides entourèrent les combattants avant les ennemis et ayant devant les yeux les mânes de ceux qu'ils avaient tués, ils furent tous massacrés dans un carnage4. 6 Si grande fut la tuerie que les dieux semblaient s'être accordés avec les hommes pour la perte des parricides.

Fragments du récit de la guerre de Chrémonide 7 Après l'issue de ce combat, Ptolémée et les Spartiates, évitant l'armée victorieuse des ennemis, se réfugièrent dans des lieux plus sûrs.

8 Antigone, pour sa part, quand il voit leur retraite et l'ardeur de ses soldats renouvelée par une première victoire, porte la guerre contre les Athéniens5.

Offensive d'Alexandre II d'Épire 9 Pendant qu'il s'y trouvait occupé, Alexandre6, le roi d'Épire, désireux de venger la mort de son père Pyrrhos, ravage les territoires de la Macédoine, 10 et, alors qu'Antigone était revenu de Grèce, il fut abandonné par ses soldats qui faisaient défection, et perdit le royaume de Macédoine. 11 Son fils Démétrios7, un enfant encore, ayant reformé une armée en l'absence de son père, ne se borne pas à reprendre la Macédoine, mais en plus, il dépouille Alexandre du royaume d'Épire. 12 Si grandes étaient la versatilité des soldats, ou encore l'inconstance de la fortune que, tour à tour, les rois apparaissaient tantôt exilés, tantôt rois.

3,1 C'est ainsi qu'Alexandre, alors qu'il s'était réfugié en Acarnanie, est remis sur son trône, non moins par le regret des Épirotes que par l'aide de ses alliés.

Dèmètrios le Beau 2 Vers la même époque, le roi de Cyrène, Magas, mourut8; avant de s'affaiblir, désireux de terminer les combats avec son frère Ptolémée, il avait promis au fils de ce dernier9 sa fille unique Bérénice. 3 Cependant, après la mort du roi, Arsinoè10, la mère de la jeune fille, pour dissoudre une union contractée malgré elle, fit appeler de Macédoine le frère du roi Antigone, Démétrios11, lui-même fils d'une fille de Ptolémée, pour épouser la jeune fille et régner sur Cyrène. 4 Et Démétrios ne prit pas de délai. Ainsi, alors qu'il avait volé vers Cyrène par un vent favorable, confiant dans sa beauté grâce à laquelle il avait commencé à bien plaire à sa belle-mère, il se montrait dès le début arrogant envers la famille royale et faible avec les soldats et il avait fait passer de la fille sur la mère son ardeur à plaire. 5 Cela fut odieux à la jeune fille qui l'avait soupçonné la première, puis au peuple et aux soldats. 6 C'est pourquoi, le cœur de tous se tournant vers le fils de Ptolémée, un guet-apens est préparé à Démétrios et, alors qu'il avait gagné le lit de sa belle-mère, des assassins sont introduits. 7 Mais Arsinoè, ayant entendu la voix de sa fille qui se tenait à la porte et ordonnait que l'on épargne sa mère, protégea de son corps son amant pendant un moment. 8 Et ce dernier ayant été tué, Bérénice fut vengée de l'inconduite de sa mère, sans offenser la piété filiale et se conforma à la décision de son père dans le mariage qui lui avait été destiné.


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1 La leçon des mss epirorum ... urbs, qui n'a pas de sens, a été corrigée par les éditeurs en epiorum, ou en eliorum plus vraisemblable paléographiquement, compte tenu du fait qu'Aristotimos a établi la tyrannie à Élis. Les habitants d'Élis sont appelés en grec H)lei=oi ou E)peioi/ (Il. 2,619 etc.).

2 L'établissement d'une tyrannie pro-macédonienne à Élis c. 271/0 a.C. (cf. Pausanias, 5,5,1), comme à Mégalopolis et à Argos, dont Justin ne parle pas, correspond à la reprise en main par Antigone des cités du nord du Péloponnèse (cf. Polybe, 2, 41-42).

3 Abandonnant le parti d'Antigone, le roi Areus s'était allié à Ptolémée Philadelphe. La guerre dite "de Chrémonide" (267-262) regroupe dans une alliance hétéroclite contre le roi Macédoine des cités d'Achaïe et d'Arcadie ainsi qu'Athènes.

4 Le combat eut lieu à Mégare, avant la mort d'Areus († 265 a.C.).

5 Athènes fut assiégée par les Macédoniens et capitula en 263/2 a.C., ce qui met fin à la guerre de Chrémonide.

6 Alexandre II (294-250 a.C.), fils de Pyrrhos et de Lanassa, petit-fils d'Agathocle.

7 Démétrios II, qui sera roi de Macédoine (239-229 a.C.).

8 250 a.C. Magas était le frère consanguin de Ptolémée II.

9 Le futur Ptolémée III Évergète, héritier présomptif de Ptolémée II Philadelphe

10 En fait, Apamée II, fille d'Antiochos Ier.

11 Démétrios le Beau, fils de Démétrios Poliorcète et de sa cinquième femme Ptolémaide, la fille de Prolémée Ier et d'Eurydice. Démétrios est le frère consanguin d'Antigone Gonatas.


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