Prusias et Nicomède de Bithynie
4,1 À peu près à la même époque, le roi de Bithynie Prusias, prit la décision de tuer son fils Nicomède dans le même temps qu'il désirait veiller sur ses fils cadets, nés de la belle-mère de Nicomède et qui vivaient à Rome. 2 Mais l'affaire est dévoilée à l'adolescent par ceux qui avaient été chargés de l'attentat, et ils l'exhortèrent, puisqu'il était provoqué par la cruauté de son père, à devancer le guet-apens et à retourner le crime contre son auteur. Il ne fut pas difficile de le convaincre. 3 Donc, alors qu'il était venu dans le royaume de son père après y avoir été convié, il est aussitôt proclamé roi16. 4 Prusias, dépouillé de son royaume par son fils et ramené à la condition privée, est abandonné même par ses esclaves. 5 Alors qu'il vivait dans une retraite, il est assassiné par son fils : crime qui n'était pas moindre que celui par lequel il avait ordonné de tuer son fils17.
1 Cf. supra, 33,2,8.
2 Sparte appartenait à la ligue achéenne contre son gré et était en conflit avec Mégalopolis pour un problème territorial ; condamnée à une amende par la ligue, Sparte voulait pouvoir faire appel devant le Sénat (cf. Polybe, 31,1 ; Liv., 38,34 ; Pausanias, 7,10-12).
3 Les envoyés de Metellus, préteur chargé de la Macédoine, étaient Cn. Papirius, M. Popilius Laenas le Jeune, A. Gabinius et C. Fannius. La crise finale qui conduit Critolaos à prendre l'initiative de la rupture a été précédée d'une intense activité diplomatique (cf. Polybe, 9-13 ; Pausanias, 7, 14-15).
4 L. Mummius "Achaicus", consul en 146 a.C. avec Cn. Cornelius Lentulus
5 146 a.C.
6 170-168 a.C.
7 La formule dum haec aguntur a été recopiée mécaniquement par Justin, bien qu'il ait sauté les guerres d'Eumène contre les Gaulois en 168 (cf. Polybe, 29,22) et l'annexion temporaire de la Galatie par le roi de Pergame que relatait Trogue Pompée, faisant un retour en arrière d'une vingtaine d'années après avoir traité de la guerre d'Achaïe, qui terminait le récit de la main mise progressive de Rome sur la péninsule balkanique.
8 Antiochos IV Epiphane, fils cadet d'Antiochos III, a succédé à son aîné Séleucos IV Philopator, assassiné par Héliodore en 175 a.C. Il avait été otage à Rome, de la paix d'Apamée jusquà 176, date à laquelle son frère l'avait échangé contre son fils Dèmètrios Sôter, celui qui régnera de 162 à 150).
9 Cléopâtre, veuve de Ptolémée V, avait exercé la régence jusqu'à sa mort en 176 a.C.
10 Ptolémée VI Philomètor, premier époux de sa sœur Cléopâtre II.
11 Ptolémée VIII Évergète II ; c'est lui qui a été surnommé Physcon par dérision, et non pas son frère, malgré ce que dit Justin au paragraphe précédent.
12 Le règne conjoint des deux frères dure jusqu'en 164 a.C.
13 168 a.C.
14 Antiochos IV a été tué en 164/3, au cours d'une expédition en haute Asie, après avoir, selon Polybe (31,9), pillé un temple en Élymaïde comme son père avant lui (cf. supra, 32,2,1-2). Son fils Antiochos V Eupator ne régna que quelques mois.
15 Dèmètrios Sôter, fils de Séleucos IV, est en fait le cousin germain d'Antiochos V.
16 Nicomède II Épiphane règna de 149 à c. 127 a.C. Le Sénat avait envoyé une commission triumvirale en Asie pour tenter d'empêcher la guerre entre le père et le fils ; elle était composée du podagre M. Licinius, de A. Hostilius Mancinus qui avait eu la tête fracassée par une tuile, et de L. Malleolus, le plus borné des Romains, ce qui a donné lieu à un célèbre bon mot de Caton l'Ancien "une ambassade sans pied, ni tête, ni cœur" conservé par un fragment de Polybe (36,14), repris par Diodore (32, 20).
17 Prusias II, beau-frère de Persée, l'ennemi d'Attale II de Pergame, fut assassiné en 149 a.C. dans le temple de Zeus (Diodore, 32,21). Polybe (36,15) a tracé du souverain un portrait sans complaisance.