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Marcus Junianus Justinus
Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée.
texte établi et traduit par Marie-Pierre Arnaud-Lindet.

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Livre XXXVIII

Mithridate Eupator. Ptoléme VIII. Dèmètrios II. Antiochos Sidètès, Mithridate s'empare de la Cappadoce 1,1—Mithridate s'empare de la Bithynie, 3,4—Discours de Mithridate à son armée, 3,10—Les crimes de Ptolémée VIII 8,2—L'ambassade romaine 8,7—Nouveaux crimes de Ptolémée VIII 8,11—Dèmètrios II chez les Parthes, 9,2—Expédition d'Antiochos Sidètès contre les Parthes, 10,1—Échec final et mort d'Antiochos Sidètès, 10,7.


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Mithridate s'empare de la Cappadoce 1,1 Ayant inauguré ses parricides par le meurtre de son épouse1, Mithridate décida qu'il lui fallait supprimer les fils de son autre sœur Laodicée, dont il avait fait tuer le mari, Ariarathe, roi de Cappadoce2, dans un guet-apens préparé par Gordios ; il estimait qu'il ne servait à rien que le père soit mort si les jeunes gens occupaient le trône paternel qu'il convoitait ardemment.

2 Donc, tandis qu'il est en proie à ces pensées, Nicomède, roi de Bithynie, envahit la Cappadoce, vacante du fait de la mort de son roi. 3 Comme cela avait été annoncé à Mithridate, il envoie, par un simulacre de piété familiale, des troupes auxiliaires à sa sœur pour chasser Nicomède de Cappadoce. 4 Mais Laodicée s'était déjà donnée en mariage à Nicomède, en vertu d'un traité. 5 Prenant très mal l'affaire, Mithridate chasse de Cappadoce les garnisons de Nicomède et rend le royaume au fils de sa sœur3, un acte remarquable, à coup sûr, si une perfidie n'en avait été la suite ; 6 et en effet, au bout de quelques mois, il feint de vouloir rétablir dans sa patrie Gordios, qui avait été son agent pour l'assassinat d'Ariarathe, espérant que, si le jeune homme s'y opposait, il y aurait un motif de guerre, ou bien si ce dernier acceptait, il pourrait se débarrasser du fils grâce au même homme par lequel il avait fait assassiner le père.

7 Quand Ariarathe le Jeune eut connaissance de ce qui se tramait, s'indignant du fait que l'assassin de son père fut rappelé d'exil, et surtout par son oncle, il rassemble une immense armée. 8 Donc, alors que Mithridate avait rangé en ligne de bataille quatre-vingt mille fantassins, dix mille cavaliers, six cents chars de guerre, et que, grâce à l'aide des rois voisins, les troupes d'Ariarathe n'étaient pas moindres, craignant les hasards du combat, il en vient à l'idée d'un guet-apens 9 et, ayant invité le jeune homme à des pourparlers, comme il portait une lame dissimulée sur lui4, il dit à l'homme envoyé par Ariarathe pour le fouiller, selon l'habitude royale, et qui lui palpait le bas ventre avec grand soin, qu'il prenne garde à ne pas découvrir une arme autre que celle qu'il cherchait. 10 Et, ayant ainsi masqué le piège sous la plaisanterie, il tue sous le regard des deux armées le jeune roi attiré à l'écart sous prétexte d'entretiens secrets ; il remit le royaume de Cappadoce à son fils de huit ans, qu'il nomma Ariarathe5 et à qui il donna Gordios comme gouverneur.

2,1 Cependant les Cappadociens, tourmentés par la cruauté et les abus des préfets, se détachent de Mithridate et font revenir d'Asie, où il était élevé, le frère du roi, lui aussi appelé Ariarathe6; 2 et Mithridate reprend la lutte contre lui et le chasse, vaincu, du royaume de Cappadoce. Peu de temps après, le jeune homme mourut d'une dépression causée par l'amertume.

3 Après sa mort, Nicomède craignant que Mithridate, du fait de son accroissement de Cappadoce, n'envahisse aussi la Bithynie voisine, suborne un enfant d'une extrême beauté, comme si Ariarathe avait engendré trois fils et non pas deux, pour qu'il réclame au sénat romain le royaume de son père. 4 Il envoie aussi à Rome son épouse Laodicée, pour témoigner qu'elle avait eu trois fils d'Ariarathe.

5 Quand Mithridate en eut connaissance, il envoya lui-même, avec une égale impudence, Gordios à Rome pour affirmer au sénat que l'enfant à qui il avait remis le royaume de Cappadoce avait été engendré par cet Ariarathe qui, au cours de la guerre d'Aristonikos, était tombé en portant aide aux Romains7.

6 Mais le sénat, sachant la passion que les rois mettaient à subtiliser les royaumes d'autrui sous le couvert de faux noms, enleva la Cappadoce à Mithridate et, pour l'en consoler, la Paphlagonie à Nicomède. 7 De plus, de peur d'offenser les rois en donnant à d'autres ce qui leur avait été enlevé, les deux peuples furent gratifiés de la liberté.

8 Les Cappadociens, cependant, refusant la charge d'une liberté octroyée8, disent que la nation ne peut vivre sans roi ; c'est pourquoi Ariobarzane9 leur est donné comme roi par décision du sénat.

3,1 En ce temps-là, le roi d'Arménie était Tigrane10, donné en otage aux Parthes longtemps auparavant et renvoyé depuis peu dans le royaume paternel. Mithridate désirait prodigieusement l'attirer dans une alliance en vue de la guerre contre les Romains qu'il méditait depuis longtemps. 2 Par l'intermédiaire de Gordios, il pousse donc Tigrane, qui n'avait aucun ressentiment contre les Romains, à déclarer la guerre à Ariobarzane, totalement insouciant, et afin qu'il n'apparaisse pas quelque fourberie sous-jacente, il lui donne en mariage sa fille Cléopâtre.

3 Donc, à la première approche de Tigrane, Ariobarzane gagne Rome en emportant ses biens et ainsi, grâce à Tigrane, la Cappadoce fut à nouveau au pouvoir de Mithridate.

Mithridate s'empare de la Bithynie 4 Dans le même temps, Nicomède11 étant mort, son fils appelé aussi Nicomède12, est également chassé de son royaume par Mithridate, et alors qu'il était venu à Rome en suppliant, il est décidé au sénat que les deux rois13 soient rétablis au pouvoir et, pour ce faire, les légats M'. Aquilius et Mallius Malthinus14 sont alors envoyés. 5 Ce qu'ayant appris, Mithridate, décidé à faire la guerre contre les Romains, fait alliance avec Tigrane et ils convinrent entre eux que les villes et les terres passeraient à Mithridate, les hommes et tout ce que les alliés pourraient piller, à Tigrane. 6 Après cela, Mithridate, conscient de l'importance de la guerre qu'il déclarait, envoie des ambassadeurs aux Cimbres, d'autres aux Gallogrecs, aux Sarmates et aux Bastarnes, pour réclamer des troupes auxiliaires. 7 En effet, dans l'idée de la guerre contre les Romains, il s'était déjà auparavant gagné tous ces peuples par des cadeaux et des bienfaits variés. Il ordonne de faire venir également une armée de Scythie et arme tout l'Orient contre les Romains. 8 Donc, il remporte sans grand effort la victoire sur Aquilius15 et Malthinus nantis de l'armée d'Asie, et après les avoir chassés en même temps que Nicomède, il est accueilli par les cités avec une immense faveur. 9 Il y trouve beaucoup d'or et d'argent, fruit de la passion des anciens rois et un important matériel de guerre : bien pourvu par ces ressources, il remet aux cités les dettes publiques et privées et accorde une exemption de charges pour cinq ans16.

Discours de Mithridate à son armée 10 À ce moment, il convoque ses soldats en assemblée et, par des exhortations variées, il les excite à la guerre contre Rome ou, si l'on préfère, pour l'Asie ; 11 et j'ai estimé ce discours digne que j'en insère une copie dans le court espace de cet ouvrage-ci : Trogue-Pompée l'a rédigé en style indirect puisqu'il reprochait à Tite-Live et à Salluste d'être sortis des usages de l'histoire en insérant dans leurs œuvres des harangues en style direct au lieu de leurs propres compositions17.

4,1 Il dit qu'il aurait été souhaitable pour lui qu'il lui soit permis de délibérer s'il fallait faire la guerre ou la paix avec les Romains ; 2 mais même ceux qui sont privés de l'espoir de la victoire ne doutent pas qu'il faille résister à des attaquants, et il est vrai que tous dégainent l'épée contre un brigand, au moins pour la vengeance, s'ils ne peuvent le faire pour leur salut. 3 Au reste, puisqu'il ne s'agit pas de se demander s'il est permis de rester en repos pour des gens qui ne sont pas seulement en butte à des sentiments hostiles, mais qui sont de plus attaqués en bataille, il faut examiner par quelle méthode et avec quelle espérance ils soutiendraient la guerre commencée. 4 Il a, quant à lui, confiance en la victoire si eux, ils ont du courage ; que les Romains puissent être vaincus, cela est connu aussi bien de lui que des soldats eux-mêmes qui ont mis en déroute Aquilius en Bithynie et Malthinus en Cappadoce.

5 Et si des témoignages étrangers frappent l'un d'eux plus que ses propres expériences, il a entendu raconter que les Romains ont été mis en déroute au cours de trois combats par le roi d'Épire Pyrrhos qui n'avait pas mis en ligne plus de cinq mille Macédoniens18. 6 Il a entendu raconter qu'Hannibal était demeuré, vainqueur, en Italie pendant seize ans et que ce qui l'avait empêché de prendre la ville même, ce n'était pas la résistance des forces des Romains, mais l'ardeur de la rivalité et de la haine dans sa patrie. 7 Il a entendu raconter que les peuples de Gaule Transalpine ayant envahi l'Italie y avaient été les maîtres de beaucoup de très grandes villes et d'un territoire notablement plus étendu que ces mêmes Gaulois n'en occupèrent en Asie, qui est dite pacifique. 8 Il lui a été dit que Rome n'avait pas seulement été vaincue par les Gaulois, mais encore prise au point que seul le resta le sommet d'un mont, et que l'ennemi n'avait pas été écarté par les armes mais à prix d'argent19. 9 Quant à la puissance des Gaulois, qui a toujours effrayé les Romains, il la comptait lui-même pour une partie de ses forces : car les Gaulois qui habitent l'Asie ne différaient de ceux qui avaient occupé l'Italie que par leur installation, 10 et ils avaient, certes, la même origine, la même valeur militaire, la même manière de combattre ; et les Gaulois d'Asie avaient le tempérament d'autant plus ardent que ceux d'Italie, que leur cheminement à travers l'Illyricum et la Thrace avait été plus long et plus difficile : il avait été presque plus laborieux de traverser les territoires de ces régions éloignés que de conquérir ceux où ils s'étaient installés. 11 Il a entendu raconter que l'Italie elle-même, depuis que Rome avait été fondée, ne lui a jamais été bien soumise, mais que les Italiens ont poursuivi des guerres sans trêve pour leur liberté, certains même pour exercer le pouvoir à leur tour ; 12 et que les armées des Romains ont été détruites, dit-on, par nombre de cités d'Italie, et envoyées sous le joug par certaines20, dans un nouveau mode d'offense.

13 Mais, pour ne pas s'attarder à d'anciens témoignages, à cette époque même l'Italie entière s'était soulevée pour la guerre marse, ne réclamant plus désormais la liberté, mais une association au pouvoir et au droit de cité21; 14 et la Ville n'était pas pressée plus durement par la guerre d'Italie dans son voisinage que par les factions des premiers citoyens, à l'intérieur, et la guerre civile22 était bien plus dangereuse que la guerre italienne. 15 En même temps, depuis la Germanie les Cimbres, innombrables milliers de peuples sauvages et rudes, avait submergé l'Italie comme un ouragan23; 16 même si les Romains pouvaient soutenir la guerre contre ces ennemis, pris un par un, ils seraient cependant débordés par l'ensemble si bien qu'à son avis ils ne s'occuperaient pas même de sa guerre à lui.

5,1 Il fallait donc user du moment favorable et accroître rapidement leurs forces de peur que, s'ils se reposaient pendant que les ennemis étaient occupés, ils n'eussent bientôt davantage de difficultés contre des ennemis en paix et libres de préoccupations. 2 Il ne fallait pas, en effet, se demander s'il fallait prendre les armes ou non, mais s'il fallait les prendre à un moment favorable pour eux, ou pour les ennemis. 3 Et certes, la guerre avait maintenant déjà commencé avec lui du fait des Romains, quand ils lui avaient enlevé, pendant sa minorité, la Phrygie majeurequ'ils avaient accordée à son père24 pour prix de l'aide apportée contre Aristonikos, une nation que Séleucos Kallinikos25 avait également donnée en dot à son arrière grand-père Mithridate. 4 Et quand ils lui avaient ordonné de se retirer de Paphlagonie, est-ce que cela n'avait pas été une autre espèce de guerre ? cette Paphlagonie, qui n'était pas échue à son père par la violence ou par les armes, mais en héritage, après la mort des souverains indigènes, par adoption testamentaire. 5 Alors qu'au sein de l'amertume de ces décrets, non seulement il n'avait pas obtenu en obéissant que les Romains s'adoucissent, mais, bien plus, ils se conduisaient de jour en jour de manière plus dure. 6 Quel gage de soumission, en effet, ne leur a-t-il pas fourni ? n'a-t-il pas abandonné la Phrygie et la Paphlagonie ? n'a-t-il pas fait sortir son fils de la Cappadoce que, vainqueur, il avait occupé selon le droit des gens ? 7 Le droit de la victoire lui avait cependant été arraché par ceux qui ne se sont rien procuré, si ce n'est par la guerre. 8 Le roi de Bithynie, Chrestos26, auquel le sénat avait déclaré la guerre, n'a-t-il pas été tué par lui pour leur plaire ? et pourtant, si Gordios ou Tigrane font quelque chose, c'est à lui qu'on l'impute. 9 C'est même pour lui porter offense que la liberté à été offerte à la Cappadoce par le sénat, de son propre mouvement, une liberté qu'ils avaient enlevée aux autres peuples ; ensuite, le peuple des Cappadociens demandant Gordios comme roi à la place de la liberté qu'on lui avait offerte, ne l'a pas obtenu, pour la seule raison qu'il était son ami. 10 Nicomède lui avait déclaré la guerre sur leur ordre ; parce qu'il (Mithridate) était allé se venger, ils se sont dressés sur son chemin, et maintenant il y aurait entre eux et lui-même ce motif de guerre, à savoir qu'il ne s'est pas laissé mettre en pièces impunément par Nicomède, le fils d'une danseuse.

6,1 Certes, ce ne sont pas les mauvaises actions des rois que traquent les Romains, mais leur puissance d'action et leur majesté, procédant toujours par cette méthode, non pas contre lui seul, mais aussi contre tous les autres rois. 2 Ainsi ont-ils procédé avec son grand-père Pharnace27, donné comme successeur au roi de Pergame Eumène, selon décision arbitrale ; 3 ainsi de nouveau avec Eumène, grâce aux flottes duquel ils furent transportés en Asie pour la première fois, grâce à l'armée duquel, davantage qu'à la leur, ils l'emportèrent sur Antiochos le Grand et les Gaulois en Asie, et bientôt sur le roi Persée en Macédoine : 4 il fut traité lui-même aussi en ennemi et se vit interdire l'Italie, et, chose qu'ils avaient pensé qu'il leur serait honteux de faire contre lui, ils firent la guerre contre son fils Aristonikos28. 5 Personne n'eut vis-à-vis d'eux de plus grands mérites que Masinissa, le roi des Numides ; on lui attribue la défaite d'Hannibal, la capture de Syphax, la destruction de Carthage, on le compte entre les deux illustres Africains29 comme le troisième sauveur de la Ville30: 6 cependant la guerre fut faite en Afrique contre son petit-fils31, si implacable que, même une fois vaincu, ils ne lui firent pas grâce en mémoire de son père, bien au contraire, il endura le cachot et fut donné en spectacle lors du triomphe32. 7 Les Romains avaient érigé en loi la haine de tous les rois, pour la raison qu'ils ont eu eux-mêmes des rois tels qu'ils rougissent même de leurs noms, soit des bergers33 aborigènes, soit des haruspices sabins, soit des exilés corinthiens, soit des esclaves étrusques, nés ou non chez un maître, soit des "Superbes"34, ce qui fut celui de ces noms le plus digne d'honneur35; 8 et, à ce qu'ils disent eux-mêmes, leurs fondateurs36 furent élevés aux mamelles d'une louve, de sorte que tout ce peuple a une âme de loup, insatiable de sang, affamée et vorace de pouvoir et de richesses.

7,1 Quant à lui, s'il compare sa noblesse à la leur, il est plus illustre que ce flux boueux d'étrangers venus de partout, lui qui compte ses ancêtres du côté paternel à partir de Cyrus et de Darius, fondateurs du royaume perse, du côté maternel à partir d'Alexandre le Grand et de Séleucos Nicator, fondateurs de l'empire macédonien, si c'est son peuple qui est comparé au leur, il fait partie de ces nations qui, non seulement sont égales à l'empire romain, mais encore ont résisté à l'empire macédonien. 2 Aucune des nations qui lui sont soumises n'a fait l'épreuve des empires étrangers ; elles n'ont jamais obéi à des rois qui ne soient pas indigènes : que l'on veuille considérer la Cappadoce ou la Paphlagonie, ou encore le Pont ou la Bithynie, et de même l'Arménie majeure et l'Arménie mineure, ni ce fameux Alexandre le Grand, qui a soumis toute l'Asie, ni l'un quelconque de ses successeurs ou de ses descendants n'a touché à aucune de ces nations. 3 Avant lui, deux rois seulement ont osé, non pas les soumettre mais seulement y pénétrer, Darius37 et Philippe38: ils se sont difficilement tirés par la fuite de là où il tire une grande partie de ses forces contre les Romains. 4 Il a commencé les guerres pontiques avec bien plus de circonspection et de méfiance, du temps où lui-même était jeune et inexpérimenté à la guerre : outre leurs armes et le courage des habitants, les Scythies étaient protégées également par les étendues désertiques et les frimas qui promettaient à l'armée bien des dangers et des épreuves. 5 Au sein de ces difficultés, il n'y avait pas même l'espoir de faire du butin aux dépens d'un ennemi nomade, qui ne manquait pas seulement d'argent, mais également de demeure. 6 Maintenant, il s'attaquait à une forme différente de guerre ; en effet, aucun climat n'était plus tempéré que celui de l'Asie, aucun sol plus fertile, aucune multitude de villes plus attrayantes ; ils passeraient une grande partie de leur temps non comme en campagne, mais comme pendant un jour de fête, au cours d'une guerre dont on ne pouvait dire si elle serait plus facile ou plus féconde, 7 si du moins ils avaient entendu parler des trésors récents du royaume attalide, des trésors anciens de la Lydie et de l'Ionie, dont ils ne vont pas aller s'emparer, mais s'assurer la possession ; 8 et l'Asie l'attend avec un si vif désir qu'elle l'appelle même à grands cris : tant la rapacité des proconsuls, les prélèvements39 des publicains, les dénis de justice ont marqué profondément ses habitants de la haine des Romains. 9 Qu'ils le suivent simplement avec courage, et qu'ils réfléchissent à ce que peut accomplir une si grande armée avec lui pour chef, lui qu'ils ont vu par ses propres soins, sans l'aide d'aucun soldat, s'emparer de la Cappadoce après le meurtre de son roi, lui qui, seul d'entre les mortels, a pacifié l'ensemble du Pont et la Scythie, que personne auparavant n'avait pu traverser en sécurité ni même approcher. 10 Quant à sa justice et à sa générosité, il ne s'en départira pas envers ses soldats qui en feront l'expérience et il en a pour témoignages le fait que, seul d'entre tous les rois, il ne détient pas seulement le royaume paternel, mais aussi des royaumes étrangers, la Colchide, la Paphlagonie, le Bosphore, qui lui ont été légués à cause de sa munificence.

8,1 Après avoir ainsi excité ses soldats, il s'engagea dans les guerres romaines, après vingt-trois ans de règne.

Les crimes de Ptolémée VIII 2 Mais, en Égypte, après la mort du roi Ptolémée40, des ambassadeurs vont offrir à ce Ptolémée41 qui régnait sur Cyrène le pouvoir royal et la reine Cléopâtre42, sa sœur, comme épouse. 3 Ptolémée, donc, était heureux seulement d'avoir récupéré sans combat le royaume de son frère, royaume auquel il avait su que le fils de son frère43 était appelé et par sa mère Cléopâtre, et par la faveur des grands, pour le reste il était rempli de haine contre tous ; dès qu'il fit son entrée dans Alexandrie, il ordonna d'égorger les partisans du jeune garçon. 4 Quant à ce dernier, au jour des noces par lesquelles il recevait sa mère en mariage, il le tue sur le sein de sa mère, au milieu des préparatifs du festin et des cérémonies religieuses, et ainsi il monta dans le lit de sa sœur, sanglant du meurtre du fils de celle-ci. 5 Après quoi, il ne fut pas plus doux envers les gens du peuple qui l'avaient appelé au pouvoir, et, à la vérité, licence de massacrer ayant été donnée aux troupes étrangères, tout ruisselait de sang quotidiennement ; il répudie même sa sœur, après avoir violé la fille de celle-ci et l'avoir épousée44. 6 Terrifié par ces actions, le peuple s'échappe dans toutes les directions et abandonne sa patrie pour l'exil, par peur de la mort.

L'ambassade romaine 7 Alors, laissé seul avec les siens dans une si grande ville, Ptolémée, comme il se voyait régner sur des palais vides, et non sur des hommes, invite par un édit des étrangers à venir. 8 Tandis que ceux-ci affluaient en masse, il s'avance au devant des ambassadeurs romains, Scipion l'Africain45, Spurius Mummius46 et Lucius Métellus47 qui venaient inspecter les royaumes des alliés. 9 Mais autant il était sanguinaire envers les citoyens, autant il fut ridicule aux yeux des Romains. Il était en effet laid de visage, court de taille, et son ventre plein de graisse le faisait ressembler à une grosse bête, non à un homme. 10 La trop grande finesse d'un vêtement transparent accroissait son aspect repoussant, exactement comme si ce qui, pour un homme convenable, était à cacher très soigneusement, était sournoisement offert à la contemplation.

Nouveaux crimes de Ptolémée VIII 11 Ensuite, après le départ des ambassadeurs - dont l'Africain qui, tandis qu'il visitait la ville, fut un spectacle pour les Alexandrins -, haï désormais des étrangers également, il s'en va en exil en secret, par crainte d'un guet-apens, avec le fils qu'il avait eu de sa sœur et avec son épouse, rivale de sa mère48, et, après avoir rassemblé une armée de mercenaires, il déclare la guerre à sa sœur en même temps qu'à sa patrie. 12 Ensuite, il tue son fils aîné, qu'il avait fait venir de Cyrène, de peur que les Alexandrins ne le proclament roi contre lui. Alors le peuple abat ses statues et ses portraits49.

13 Estimant que cela avait été fait en faveur de sa sœur, il tue le fils qu'il en avait eu et veille à ce que soit apporté à la mère, au cours d'un banquet son corps coupé en morceaux, disposé dans une corbeille, le jour de son anniversaire50. 14 Cet acte fut douloureusement ressenti, non seulement par la reine, mais aussi par toute la cité, et apporta tant de chagrin à un banquet si joyeux que tout le palais royal s'embrasa d'un deuil soudain. 15 Donc, passant avec passion des agapes aux funérailles, les princes exposent devant le peuple les membres déchirés et lui montrent, à partir du meurtre du fils, ce qu'ils doivent espérer de leur roi.

9,1 Une fois terminées les manifestations du deuil de son fils, Cléopâtre, se voyant pressée par la guerre que lui faisait son frère, envoie des ambassadeurs demander l'aide du roi de Syrie51, Dèmètrios, qui connut lui-même aussi des coups du sort variés et dignes de mémoire.

Dèmètrios II chez les Parthes 2 De fait, alors que Dèmètrios, comme on l'a dit plus haut, avait porté la guerre contre les Parthes et avait été vainqueur dans bien des rencontres, soudain pris dans une embuscade, il est fait prisonnier après avoir perdu son armée52. 3 L'Arsacide53, roi des Parthes, qui avait l'âme grande et royale, l'envoya en Hyrcanie et ne lui fournit pas seulement un décorum royal, mais lui donna sa fille en mariage et lui promit de lui rendre le royaume de Syrie, dont Tryphon s'était emparé à la faveur de son absence. 4 Ayant perdu l'espoir de rentrer chez lui après la mort de l'Arsacide54, Dèmètrios qui ne supportait pas sa captivité et las de mener une vie de simple particulier, même si elle était fastueuse, médite en secret une fuite en direction de son royaume.

5 Pour l'y pousser et l'y accompagner, Dèmètrios avait son ami Callimandre, qui, après la capture du roi, était arrivé de Syrie jusqu'à Babylone, habillé en Parthe, à travers les déserts de l'Arabie en soudoyant des caravaniers55. 6 Mais Phraate, qui avait succédé à l'Arsacide, rattrapa le fugitif, devancé par la rapidité de la cavalerie qui avait pris des raccourcis. 7 Quand il fut amené au roi - le pardon fut accordé à Callimandre, gratifié de surcroît d'une récompense pour sa fidélité - Phraate renvoie Dèmètrios en Hyrcanie auprès de sa femme après l'avoir durement réprimandé et ordonne qu'il soit gardé sous plus étroite surveillance.

8 Puis, du temps s'étant passé, comme les enfants qu'il avait engendrés faisaient qu'on avait confiance en lui, il prend à nouveau la fuite avec le même ami comme compagnon, mais avec une même malchance il est repris près des frontières de son royaume et, conduit à nouveau auprès du roi qui lui tient rancune, il n'est pas admis en sa présence. 9 Alors, par une grâce accordée à son épouse et à ses enfants, il est renvoyé en Hyrcanie, cité de son châtiment, et il est gratifié d'osselets d'or, en reproche pour sa légèreté enfantine. 10 En fait, cette si douce clémence des Parthes envers Dèmètrios n'était pas le fait de l'esprit de miséricorde de ce peuple, ni du respect pour les liens de parenté, mais, parce qu'ils ambitionnaient le royaume de Syrie, ils avaient l'intention d'user de Dèmètrios contre son frère Antiochos, selon que l'exigeraient la situation, la circonstance ou bien la fortune de la guerre.

Expédition d'Antiochos Sidètès contre les Parthes
10,1 Ayant appris cela, Antiochos dans l'idée qu'il fallait prendre l'initiative de la guerre, conduit contre les Parthes son armée qu'il avait endurcie dans de nombreuses guerres frontalières. 2 Mais il n'y eut pas moins de préparatifs pour le plaisir que pour l'expédition, puisqu'à la suite de quatre-vingt mille soldats, il y avait trois cent mille valets56 dont cuisiniers et boulangers formaient le plus grand nombre. 3 Il y avait tant d'or et d'argent, c'est sûr, que les hommes de troupes avaient clouté d'or leurs godasses et qu'ils marchaient sur une matière pour l'amour de laquelle les peuples combattent avec le fer. 4 Les ustensiles de cuisine étaient également en argent, tout à fait comme s'ils marchaient vers des festins, et non à la guerre. 5 Beaucoup de rois orientaux accoururent vers Antiochos qui s'avançait : ils se livraient à lui, eux et leurs royaumes en maudissant l'arrogance parthe.

6 La confrontation ne tarda pas. Comme Antiochos, vainqueur en trois combats, s'étaient emparé de la Babylonie, il commença à être nommé "le Grand". Ainsi, tous les peuples passant dans son parti, il ne resta plus rien aux Parthes à part leurs territoires ancestraux.

Échec final et mort d'Antiochos Sidètès 7 Alors Phraate envoie Dèmètrios en Syrie avec un bataillon parthe pour s'emparer du royaume, afin que, de cette manière, Antiochos soit rappelé de Parthie pour protéger ce qui lui appartenait. Entre temps, il essaye de monter de toutes parts des embuscades contre Antiochos, puisqu'il ne pouvait l'atteindre avec ses troupes.

8 Par suite du grand nombre de ses soldats, Antiochos avait réparti son armée dans plusieurs cités pour les quartiers d'hiver et cette décision fut la cause de sa perte. En effet, alors que les cités se voyaient accablées par la fourniture des vivres et les exactions des soldats, elles passent aux Parthes et, à une date fixée, elles attaquent dans des embuscades les sections de l'armée qui se trouvaient chez elles, de façon qu'ils ne puissent se porter secours mutuellement.

9 Quand cela eut été annoncé à Antiochos, il avance pour porter secours aux plus proches avec la troupe qui hivernait avec lui. En chemin, il se trouva face au roi des Parthes, contre lequel il lutta plus courageusement que son armée. 10 À la fin, cependant, comme les ennemis l'emportaient en valeur militaire, il est abandonné par les siens effrayés et tué57; Phraate lui fit des obsèques royales ; il s'éprit de la fille de Dèmètrios qu'Antiochos avait emmenée avec lui, et épousa la jeune fille.

11 Ensuite, il commença à se repentir d'avoir laissé partir Dèmètrios : il envoya en hâte des escadrons de cavaliers pour le ramener ; les envoyés trouvèrent Dèmètrios, qui avait craint cela, déjà dans son royaume58 et, après avoir tout tenté en vain, ils retournèrent auprès de leur roi.


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1 Cf. supra,
37,3,8.

2 Ariarathe VI, cf. supra,
37,1,3-5.

3 Ariarathe VII Philometor (c.111-c.101 a.C.).

4 fascia n'a pas un sens bien net : = tout ce qui est constitué de bandelettes entortillées autour de quelque chose; étant donné la blague qui suit, Mithridate avait dû mettre la lame dans son pagne.

5 Ariarathe Eusebes Philopator.

6 Ariarathe VIII, vers 96 a.C.

7 Cf. supra,
37,1,1,2. L'ambassade de 101 a.C. fut insultée par Saturninus, ce qui donna lieu à procès.

8 J'essaye de rendre ainsi le double sens de munus : don/charge.

9 Ariobarzane Ier Philoromaios (c.95-c.62)

10 Tigrane II Me/gas (c.95-55).

11 Nicomède III Évergète (128-94).

12 Nicomède IV Philopator (94-74).

13 Ariobarzane et Nicomède.

14 Le nom de ce Romain transmis par la tradition manuscrite ne correspond pas à celui d'un personnage connu. Les éditeurs anciens ont proposé diverses corrections dont aucune n'a donné lieu à un consensus.

15 En fait le légat du gouverneur d'Asie, M'. Aquilius, a été fait prisonnier à Mytilène et conduit au supplice sur un âne; le gouverneur C. Cassius s'est réfugié à Rhodes, et Nicomède est parti à Rome (88 a.C.).

16 Justin ne dit rien du massacre des Italiens qui vivaient dans les cités, ordonné par Mithridate, qui fit au moins quatre-vingt mille morts et donna lieu à d'immenses profits, provenant des pillages et des confiscations.

17 La règle est que le discours est toujours refait par l'historien, même s'il possède la sténographie du discours prononcé. Quoiqu'en disait Trogue Pompée, le discours peut être refait au style direct. Quand un discours a été publié, on ne le cite pas et on ne le refait pas. On relève dans l'Abrégé quelques discours directs (cf. tableau XXX), sans pouvoir affirmer qu'ils avaient cette forme dans l'œuvre de Trogue Pompée.

18 En fait, pendant les trois campagnes de Pyrrhos en Italie, les Romains n'ont été certainement battus qu'en juil. 280 à Héraclée ; les deux autres batailles : Ausculum (été 279) et Bénévent (été 275) furent incertaines. Au départ, les effectifs de Pyrrhos étaient considérables pour l'époque : 20 ou 50 éléphants, 3000 cavaliers, 23500 fantassins, c'est-à-dire bien plus que les cinq mille Macédoniens qu'évoque Mithridate et qui correspondent aux seules troupes d'infanterie prêtées par Ptolémée (cf. supra,
17,2,14).

19 Sac de Rome par les Gaulois de Brennus en 390 a.C.

20 À propos de l'épisode des Fourches Caudines en 321 a.C., au cours de la deuxième guerre samnite (326-304), cf. le récit de Tite-Live (9, 5-6).

21 Guerre sociale (91-89), souvent appelée par les auteurs latins bellum Marsicum du nom de l'un des principaux peuples confédérés.

22 À partir de la rivalité de Marius et de Sylla pour le commandement de la guerre contre Mithridate (88 a.C.), les luttes sanguinaires se déchaînent entre marianistes et syllaniens jusqu'à la fin des proscriptions de Sylla lors de sa dictature (1er juin 81).

23 En fait, les invasions des Cimbres et des Teutons avaient été victorieusement arrêtées par Marius en 102-101 a.C.

24 La Phrygie majeure, donnée de manière précaire à Mithridate V et revendiquée également par Nicomède II, avait finalement été proclamée libre par les Romains en 116 a.C.

25 Séleucos II (246-226), cf. supra,
27,1-3 ; 29,1,3 ; infra, 41,4,7-5,1.

26 Frère de Nicomède

27 Pharnace Ier (c.185-c.170).

28 131-129 a.C.

29 P. Cornelius Scipio Africanus, le vainqueur d'Hannibal à Zama en 202 a.C. et son petit-fils par adoption P. Cornelius Scipio Aemilianus, le destructeur de Carthage en 146 a.C..

30 Belle exagération rhétorique qui fait fi de la chronologie ; si le roi des Massyles, Massinissa, après certaines hésitations, s'était allié aux Romains pendant la deuxième guerre punique, tandis que Syphax, le roi des Massaesyles, époux de la princesse carthaginoise Sophonisbe, avait choisi l'autre camp, il mourut en 149, soit trois ans avant la prise et la destruction de Carthage.

31 Jugurtha, fils adoptif de Micipsa, fils et successeur de Masinissa.

32 L'argumentation est à la fois détestable et invraisemblable ; elle justifie a posteriori les points de vue romains.

33 Cf. supra
28,2 et 43,2,8-9.

L'assimilation berger/brigand, fréquente dans nos textes me semble née de l'époque des guerres serviles en Sicile ou on a effectivement des bergers esclaves (élevage extensif) qui se transforment volontiers en dangereux brigands.

34 Le surnom est propre au dernier Tarquin de la série traditionnelle des rois étrusques, qui aurait été chassé de Rome par la révolution dite "de 509 a.C.".

35 D. Briquel, "Pastores aboriginum (Justin, 38,6,7) : À la recherche d'une historiographie grecque anti-romaine disparue", RÉL, 73,1995, p. 45-59, voit dans ce discours un écho indirect de l'œuvre disparue de Métrodore de Scepsis. Ajoutons que les thèmes véhiculés par la propagande anti-romaine au début du Ier s. a.C. et certains des arguments du discours de Mithridate se retrouvent dans la Lettre de Mithridate au roi Arsace, l'un des fragments conservés des Histoires de Salluste ; Salluste et Trogue Pompée ont ici comme source Poseidonios qui est l'intermédiaire entre eux et Métrodore.

36 Les jumeaux Romulus et Rémus, dont la légende se fixe à partir du début du IIIème s. a.C.

37 Cf. supra,
1,10,23 ; 2,3,2 ; 2,5,9-11 ; 7,3,1.

38 Cf. supra,
9,1,9.

39 Justin emploie le nom sectio, qui signifie ici la dîme d'Asie.

40 Ptolémée VI Philomètor, mort en 145 a.C..

41 Ptolémée VIII Évergète II "Physkon" (145-116 a.C.).

42 Cléopâtre II, veuve de Ptolémée VI, son autre frère.

43 Ptolémée VII Neos Philopator, associé au trône par son père et sa mère en 147 a.C.

44 Cléopâtre III.

45 P. Cornelius Scipio Emilianus, le destructeur de Carthage en 146 a.C.

46 L. Mummius Achaïcus, le destructeur de Corinthe en 146 a.C.

47 L. Caecilius Metellus, qui sera consul l'année suivante, en 139 a.C.

48 Justin parle de sa mère, à elle, cf. supra
8,5.

49 En 131 a.C.

50 cf. les Atrides et c.

51 129 a.C.

52 Cf. supra,
36,1,1-6. Démétrios II Nicator, pris en 139, vécut en captivité jusqu'en 130 a.C.

53 Mithridate Ier Arsace VI Me/gas, Roi des Rois, Philhellène (171-138).

54 À Mithridate, mort en 138, succède son fils Phraate II Arsace VII (138-128).

55 Géographie imaginaire de l'espace parthe, ou raccourci par Justin des aventures de Callimandre.

56 Ce nombre manifestement exagéré, transmis par les mss des classes a et b, a été corrigé arbitrairement par les premiers éditeurs en trente mille. Les mss de la classe g et Orose (5,10,8), qui a utilisé un ms. de cette tradition, écrivent deux cent mille.

57 En 129 a.C., cf. infra,
39,1,1 et 6.

58 Dèmètrios régna de nouveau de 129 à 125 a.C.


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