La guerre entre Artaxerxès II et Cyrus le Jeune
11,1 Il se trouve qu'à la même époque, le roi des Perses Darius meurt; il laissait deux fils Artaxerxès et Cyrus48. 2 Il légua par testament à Artaxerxès le pouvoir royal, et à Cyrus les cités dont il était le gouverneur49. 3 Mais la décision paternelle paraissait injuste à Cyrus; c'est pourquoi il préparait secrètement la guerre contre son frère50. 4 Quand cela fut annoncé à Artaxerxès, il fit lier avec des chaînes d'or son frère convoqué auprès de lui, qui faisait l'innocent en dissimulant la guerre, et il l'aurait fait tuer si leur mère ne l'en avait empêché. 5 Donc, laissé libre de partir, Cyrus commence à préparer la guerre, non plus en cachette, mais aux yeux de tous, non plus avec dissimulation, mais en le proclamant ouvertement; il rassemble des troupes auxiliaires venues de partout. 6 Les Lacédémoniens, se souvenant que, au cours de la guerre contre Athènes, ils avaient été aidés énergiquement de son fait, décrètent l'envoi d'auxiliaires à Cyrus quand sa situation l'exigerait, 7 cherchant l'amitié de Cyrus, et, du côté d'Artaxerxès, au cas où il serait vainqueur, des excuses pour se faire pardonner, puisqu'ils n'avaient rien décrété ouvertement contre lui. 8 Mais comme au cours de la guerre le hasard du combat avait fait s'affronter les deux frères, Artaxerxès fut, le premier, blessé par son frère; 9 alors que la fuite de son cheval l'avait arraché au danger, Cyrus, pressé par la cohorte royale, est tué51. C'est ainsi qu'Artaxerxès, vainqueur, est maître à la fois du butin de guerre et de l'armée de son frère. 10 Dans ce combat, Cyrus avait parmi ses troupes auxiliaires dix mille Grecs qui furent victorieux à l'aile où ils se trouvaient et qui, après la mort de Cyrus ne purent être vaincus par les armes par une si grande armée, ni être faits prisonniers par ruse; 11 et, revenant au milieu de tant de tribus indomptées et de peuples barbares, par un si long chemin, ils se défendirent grâce à leur valeur militaire jusqu'aux bornes de leur patrie52.
1 En fait, la double accusation contre Alcibiade : avoir participé à la mutilation des Hermès et avoir parodié les mystères d'Éleusis est antérieure au départ de la flotte athénienne pour la Sicile, vers le 1er juil. 415 a.C. L'Assemblée avait décidé l'arrestation des accusés, sauf celle d'Alcibiade qui ne devrait se justifier qu'après le retour de l'expédition dont il était l'un des trois chefs. L'affaire, extrêmement complexe est connue par Thucydide 6, 28-29 et le plaidoyer d'Andocide Sur les Mystères ; le premier n'était pas à Athènes à l'époque, et le second était l'un des accusés. La Vie d'Alcibiade par Plutarque fournit quelques renseignements supplémentaires, puisés à d'autres sources.
2 La Salaminienne fut envoyée en Sicile pour ramener Alcibiade et quelques autres Athéniens, accusés avec lui selon la procédure d'ei)saggeli/a. Le navire officiel arriva à Catane environ deux mois après le départ de la flotte athénienne du Pirée, et non deux ans après comme l'écrit Justin ; ces deux ans correspondent à la durée totale de la malencontreuse expédition de Sicile.
3 Cf. supra 4,4,4.
4 Alcibiade condamné à mort par contumace et ses biens furent confisqués.
5 Les sources divergent sur ce point : les imprécations décrétées devaient être prononcées, soit seulement par le clergé d'Éleusis (Nepos, Alc., 4,5 ; Diodore, 13, 69), soit par les prêtres de tous les cultes athéniens (Andocide, 4,51 : kai\ i(erei=s pa/ntes kathra/santo), comme le dit Justin. Plutarque présente concuremment les deux versions (Alc., 22 et 33).
6 Alcibiade arrivé à Sparte pendant l'hiver 415/414, après un bref passage à Élis, puis à Argos.
Son discours à l'Assemblée est recomposé par Thucydide (6, 89-93).
7 Darius II Ochos (424-404) "Nothos", un bâtard d'Artaxerxès Longuemain, qui était satrape d'Hyrcanie à la mort de son père et avait fait tuer un premier usurpateur, Sogdianos, bâtard d'Artaxerxès lui aussi.
8 Il y eut trois traités successifs avec les Lacédémoniens entre 412 et 411 a.C.
9 Au printemps de 412, Alcibiade partit avec une flotille commandée par Chalcideus, dont il prit ensuite le commandement après la mort de l'amiral, tué devant Milet ; il semble que les Spartiates désiraient surtout se débarasser de lui, après le scandale public de sa liaison avec Timaia, l'épouse d'Agis II (427-399 a.C.). Alcibiade avait été surpris sortant de chez la reine, lors du tremblement de terre de l'hiver précédent. Timaia donna naissance à Léotychidès (automne 412), qui fut écarté du trône pour bâtardise, au bénéfice de son oncle Agésilas.
10 Chios, Érythrées, Clazomènes, Téos, Milet et Lesbos, en 412 a.C.
11 L'ordre avait été transmis à Astyochos, alors à Milet avec Alcibiade (Thucydide, 8,45,1).
12 La source de Trogue Pompée serait ici Douris de Samos (cf. Plutarque, Alc. 32).
13 En 411 a.C. La tentative de changement d'alliance est développée par Thucydide (8,47-80).
14 Le gouvernement oligarchique (conseil des Quatre-Cents, créé en juin 411 a.C.) entame des négociations avec les Spartiates.
15 Les marins athéniens de la flotte basée à Samos, qui étaient restés fidèles au régime démocratique, élisent de nouveaux stratèges, dont Thrasybule, qui fait revenir d'exil et élire stratège Alcibiade.
16 En sept. 411 a.C. Une partie des oligarques s'enfuit à Décélie, les autres furent condamnés.
17 Expression impropre : si Mindare est bien le navarque de Sparte, le Perse Pharnabaze est satrape de Phrygie.
18 Victoire d'Abydos, oct. 411.
19 La bataille de Cysique, livrée sur mer, puis sur terre.
20 C'est le démagogue Cléophon qui fit repousser la proposition des Spartiates.
21 Destruction de Sélinonte par les Carthaginois en 409 a.C.
22 Alcibiade, élu stratège en son absence pour l'année 408/7, revint à Athènes en juin 408 a.C. après son expédition sur les côtes de Carie et de Samos.
23 Alcibiade est dit alors h(ge/mwn au)tokra/twr.
24 Alcibiade fut, entre autres, réhabilité par les prêtres d'Éleusis à qui il fit célébrer les mystères selon les anciens rites.
25 Lysandre, fils d'Aristocritos, est navarque en 408/407.
26 En fait, Cyrus le Jeune, fils de Darius II et de la reine Parysatis, reçut le titre de prince souverain et le commandement en chef des troupes d'Asie mineure, mais Tissaphernès resta satrape de Lydie jusqu'en 395 a.C.
27 Il y eut plusieurs batailles de suite au printemps 407 a.C., qui furent perdues par les Athéniens (Diodore, 13,73,3-5; Xénophon, Hell. 1,4,21-23; 1,5,11-14).
28 Conon avait été stratège en 414/3; il fut réélu en remplacement d'Alcibiade au cours des élections extraordinaires de 407 a.C.
29 Alcibiade se réfugia en Chersonèse de Thrace.
30 Bataille devant le port de Mytilène, suivie du blocus maritime d'Athènes.
31 Les Athéniens remportent alors une grande victoire aux îles Arginuses (août 406 a.C.).
32 Défaite athénienne d'Ægos Potamos en août 405 a.C.
33 Évagoras Ier, roi de Salamine de Chypre (411-374).
34 Justin a fait ici une coupure maladroite dans le texte de Trogue Pompée, qui devait parler des réactions d'Évagoras. La correction de bon sens des éditeurs depuis Ruehl (concedit Euagoram. Lysander autem,) ne se justifie pas paléographiquement.
35 Toutes les cités abandonnèrent Athènes, sauf Samos dont les citoyens reçurent en récompense la citoyenneté athénienne en 405 a.C.
36 Développement rhétorique classique, étayé par un rappel des événements de la seconde guerre médique que Justin a rapporté à la fin du livre II (12 et 15).
37 Siège d'Athènes pendant l'hiver 405-404 : les deux rois de Sparte, Agis II et Pausanias II, assiègent Athènes sur la terre ferme, tandis que Lysandre bloque la cité du côté de la mer.
38 Opinion de Corinthe et de Thèbes, selon Xénophon (Hell. 2,2,19; 3,5,8), de Lysandre lui-même selon Pausanias (3,8,6) et Diodore (15,63,1).
39 Il ne s'agit pas du premier exil de Denys le Jeune, tyran de Syracuse, qui prend place un demi siècle plus tard, mais d'un épisode de la tyrannie de son père, Denys l'Ancien, qui se retira un moment dans l'îlot d'Ortygie, sous la pression d'une révolte de mercenaires en 404 a.C.
40 Le corps civique a bien été réduit à trois mille citoyens par les Trente, mais la garde n'est que de trois cents hommes.
41 Garnison spartiate, commandée par l'harmoste Callibios.
42 Alcibiade fut assassiné en 404 a.C., sur l'ordre du satrape Pharnabaze. La demande en avait été faite par Critias, l'un des Trente, et appuyée par Lysandre.
43 Théramène fut condamné à boire la ciguë en oct. 404 a.C.
44 En nov. 404 a.C.
45 L'orateur Lysias, métèque d'Athènes, s'était réfugié à Mégare sous la tyrannie des Trente qui avait tué son frère Polémarque, et confisqué les biens de sa famille. Malgré les promesses de Thrasybule, Athènes n'accepta pas de donner le droit de cité aux métèques qui avaient aidé au rétablissement de la démocratie.
46 Décret d'amnistie.
47 Annonce de la guere de Corinthe (395-386 a.C.), qui voit l'alliance de Corinthe et de Thèbes avec Athènes et Argos, contre les Spartiates.
48 404 a.C. Artaxerxès II Mnemon était l'aîné, mais la reine Parysatis favorisait son fils cadet Cyrus.
49 Cf. supra, 5,5,1.
50 En fait, il avait tenté de le faire assassiner.
51 Bataille de Cunaxa en 401 a.C.
52 Les Grecs, commandés par Cheisophoros et Xénophon, qui le raconte dans son Anabase, passèrent par la vallée du Tigre et l'Arménie pour atteindre Trapézonte en mars 400 a.C.