Conséquences des guerres entre les cités
9,1 La valeur des Athéniens se perd aussi par cette mort, 2 puisque, une fois disparu celui avec qui ils avaient l'habitude de rivaliser, s'étant abandonnés à l'inaction et à l'engourdissement, 3 ils ne dépensent pas les revenus de l'état comme autrefois pour la flotte et l'armée, mais les dissipent en jours de fêtes et dans la somptuosité des jeux, 4 et ils affluent au théâtre pour voir les acteurs et les poètes les plus connus, visitant plus souvent la scène que les camps et louant les versificateurs mieux que les généraux. 5 Alors les impôts de l'état, qui nourrissaient auparavant les soldats et les rameurs, commença à être réparti entre la peuple de la ville39. 6 Le résultat de ces événements fut qu'au milieu des vices des Grecs émergea la puissance des Macédoniens, auparavant méprisable et obscure, 7 et que Philippe, trois ans retenu en otage à Thèbes40, formé à l'école des vertus d'Épaminondas et des Pélopidas, imposa sur la nuque de la Grèce et de l'Asie, le règne de la Macédoine comme un joug de servitude.
1 Il s'agit des cités grecques d'Asie mineure (la province d'Asie des Romains) sur lesquelles Artaxerxès II tentait de rétablir son hégémonie, après sa victoire sur son frère Cyrus le Jeune. Une expédition spartiate, commandée par Thibron (Xénophon, Hell. 3,1,4), avait été envoyée en 400/399 au secours des cités d'Éolide
2 C'est à dire Derkylidas, dont Prol. 6 a conservé le nom exact ; il avait remplacé Thibron en 399 (Xénophon, l.l.).
3 Satrape de Phrygie septentrionale.
4 Satrape de Lydie jusqu'en 395.
5 Justin emploie la forme verbale dimittitur : le passif latin correspond à un moyen grec.
6 Artaxerxès se trouvait alors à Suse.
7 Cf. supra 5,6.
8 Néphéritès Ier (398-396/5).
9 Fils d'Archidamos, Agésilas avait été mis sur le trône en 398 à la place de son neveu Léotichidès, dont les Spartiates pensaient qu'il était fils d'Alcibiade et non du roi Agis II (cf. supra 5,2,2, n. 9, et 5,2,5.
10 Allusion au cérémonial de la proskynèse, hérité des Babyloniens ; à propos de l'adoption des coutumes perses par Alexandre et de l'opposition qu'elle suscita, cf. infra, 12,3,8-4,1.
11 Grâce à l'aide de la reine Parysatis, Conon obtint la condamnation à mort de Tissaphernès, qui fut remplacé par Tithraustès
12 La cause réelle du rappel d'Agésilas par les Spartiates est leur défaite de l'Haliarte devant les Thébains et la mort de Lysandre, tué en Béotie (395), défaite suivie de la formation d'une coalition contre Sparte (Thèbes, Athènes, Argos et Corinthe) : la " guerre de Corinthe" de 395 à 386.
13 Beau-frère d'Agésilas, nommé navarque en 395 a.C.
14 Allusion à la bataille d'ægos Potamos en 405 a.C.
15 C'est ainsi que je comprends l'expression alieni proelii uiribus.
16 La bataille navale livrée devant Cnide en Carie, au début d'août 394 a.C., fut une éclatante victoire athénienne ; Pisandre y trouva la mort.
17 Bien qu'un parfait capessi soit attesté par les grammairiens, la forme capesserunt (tpi) est bien bizarre et mieux vaudrait peut-être prendre la leçon de D : capessunt
18 En fait, il n'y avait plus de garnison spartiate à Athènes depuis près de dix ans puisque la démocratie y avait été restaurée en 403/2 a.C.
19 Épaminondas (c.420-362)
20 Annonce de la future prépondérance de Thèbes (371-362 a.C.)
21 Bataille de l'Haliarte (cf. supra 2,17 et la note ad. loc.).
22 Bataille de Cnide (cf. supra 3,10) en fait postérieure à la bataille de l'Haliarte.
23 Le roi Pausanias II n'avait pas réussi à faire à temps sa jonction avec Lysandre; il se réfugia à Tégée où il mourut.
24 Cf. supra 2,17 et la note ad loc.
25 Bataille de Coronée en Béotie, en août 394 a.C.
26 Iphicrate, organisateur du corps des peltastes, infanterie légère
27 Conon revint à Athènes en 393 a.C. avec une somme de cinquante talents donnés par Pharnabaze pour achever la reconstruction des Longs Murs.
28 Seconde guerre médique
29 Paix du Roi, ou "d'Antalcidas" en 386 a. C. Proclamation solennelle de l'autonomie des cités grecques, sauf Lemnos, Imbros et Sciros, reconnues possessions d'Athènes, et les cités grecques d'Asie qui sont sous la suzeraineté d'Artaxerxès ainsi que Clazomènes et Chypre. Beaucoup d'événements antérieurs importants ont été sautés par Justin.
30 La datation traditionnelle (Varron) donne 390 a.C. pour la prise de Rome par les Gaulois de Brennos ; la date polybienne (387/6) est en accord avec le texte de Justin (cf. Polybe, 1,6,2) ; la source commune à Polybe et à Justin pour ce synchronisme serait Timée, d'après F. W. Walbank, A Historical..., p. 46-47.
31 Occupation de la forteresse de Kromnos par Archidamos III, le fils d'Agésilas, en 364 a.C. Vingt ans de l'histoire des cités et beaucoup d'événements importants ont été sautés par Justin, dont l'occupation de la Cadmée par les Spartiates (382) et l'humiliation de Thèbes après la paix du Roi.
32 En 362 a.C., soit en réalité deux ans après.
33 Bataille de Mantinée en Arcadie, en juillet 362 a.C.
34 Remarquons que Justin ne parle pas ici de Pélopidas, l'autre grand chef thébain, mort à la bataille de Cynoscéphales en 364 a.C., dont Trogue Pompée avait certainement développé les exploits (cf. infra, 9,7).
35 Il y a là sans aucun doute des allusions à la carrière de Pompée, patron de la famille de Trogue Pompée.
36 D'après Valère-Maxime (3,2 ext. 5), Épaminondas prononça alors un grand discours.
37 Le déshonneur atteint le soldat qui abandonne son bouclier sur le champ de bataille, il peut encourir jusqu'à la peine de mort, et au minimum la perte de ses droits civiques.
38 Selon l'opinion commune, ce panégyrique d'Épaminondas serait repris d'Éphore (voir en particulier A. Momigliano, Terzo contributo..., p. 357 et S. Fuscagni, Callistene..., p. 33).
39 Allusion à la caisse du théorikon, instituée par Eubule.
40 À propos du séjour de Philippe à Thèbes (368-5 a.C.), vu par les auteurs anciens, voir M. Sordi, Il soggiorno..., p. 57-63.