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Marcus Junianus Justinus
Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée.
texte établi et traduit par Marie-Pierre Arnaud-Lindet.

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Livre IX

Philippe de Macédoine, Campagne dans les Détroits 1,2—Campagne contre les Scythes, 1,9—Guerre contre les cités. Bataille de Chéronée, 3,4—Philippe, maÓtre de la Grèce, 4,1—L'assassinat de Philippe, 6,1—Conclusion sur Philippe, 8,1.


1 2 3 4 5 6 7 8

1,1 Alors que Philippe était venu en Grèce, attiré par le pillage de quelques cités et envisageant d'après le butin fourni par des villes modestes combien de richesses il y avait dans l'ensemble des villes, il décida de faire la guerre à toute la Grèce1.

Campagne dans les Détroits 2 Ayant calculé qu'il était remarquablement lié à ses intérêts, en l'occurrence, de réduire en son pouvoir Byzance, une ville maritime célèbre, qui deviendrait un sanctuaire pour ses troupes et ses flottes, il mit le siège devant la ville qui lui fermait ses portes2.

3 Et, en effet, cette ville fut d'abord fondée par Pausanias, roi des Spartiates3, et resta en sa possession pendant sept ans ; ensuite, au gré de la victoire, elle fut tantôt régie par les Lacédémoniens, tantôt par les Athéniens4, 4 et cette appartenance mal déterminée fit que, personne ne l'assistant en tant que lui appartenant, elle veilla à sa liberté avec beaucoup de constance.

5 Donc Philippe, ruiné par la longue durée du siège, se procure des ressources financières par la piraterie. 6 S'étant ainsi emparé de cent soixante-dix navires et ayant vendu la cargaison5, il pallia, pour un instant, le manque de ressources qui l'oppressait. 7 Puis, pour qu'une si grande armée ne soit pas cantonnée au siège d'une seule ville, étant parti avec les plus ardents, il s'empare de beaucoup de villes en Chersonèse 8 et il fait venir auprès de lui son fils Alexandre, âgé de dix-huit ans, pour qu'il se dégrossisse à la vie militaire sous les armes de son père.

Campagne contre les Scythes 9 Il partit pour la Scythie également pour faire du butin6, afin de se refaire des frais d'une guerre par une autre guerre, à la manière des marchands.

2,1 À cette époque, le roi des Scythes était Athéas7. Alors qu'il était mis en difficulté par la guerre avec les Histriens8, il demande de l'aide à Philippe par l'intermédiaire des Apolloniens9, se disant disposé à l'adopter pour qu'il lui succède au trône de Scythie, 2 quand, entre temps, la mort du roi des Histriens10 débarrasse les Scythes à la fois de la peur de la guerre et de la nécessité de demander de l'aide. 3 Ainsi, Athéas ordonne aux Macédoniens qu'il renvoie de dire à Philippe qu'il n'avait ni demandé son aide, ni ordonné son adoption ; 4 en effet les Scythes n'avaient pas besoin que les Macédoniens les délivrent : ils étaient meilleurs qu'eux, et il ne manquait pas non plus lui-même d'héritier : son fils était en bonne santé. 5 Après les avoir écoutés, Philippe envoie à Athéas des ambassadeurs qui lui réclament une contribution aux frais du siège, afin de ne pas être contraint d'abandonner la guerre par manque de ressources : 6 ce qu'Athéas devait faire avec d'autant plus de promptitude que non seulement il n'avait pas payé le prix du service rendu, et même pas des frais de route aux soldats envoyés à son secours par Philippe. 7 Athéas ayant incriminé la dureté du climat et la stérilité du sol, qui, selon lui, ne faisaient pas faire fortune aux Scythes, mais leur procuraient à peine de quoi se nourrir, répondit qu'il n'avait nulle richesse capable de satisfaire un si grand roi, 8 et qu'il trouvait plus honteux de s'acquitter petitement que de dénier toute sa dette ; 9 les Scythes, quant à eux, étaient estimés pour leur courage moral et leur endurance physique, non pour leurs richesses. 10 Se sentant bafoué par ces paroles, Philippe, une fois levé le siège de Byzance, part en campagne contre les Scythes, après avoir envoyé au préalable des ambassadeurs qui les rassureraient en annonçant à Athéas que tandis qu'il assiégeait Byzance, il avait voué à Hercule une statue, 11 et il venait la mettre en place à l'embouchure de l'Hister, demandant libre accès pour le culte du dieu, il viendrait lui-même en ami des Scythes. 12 Athéas invite Philippe à lui envoyer la statue, s'il voulait s'acquitter de son vœu ; il s'engage non seulement à la mettre en place, mais encore à ce qu'elle reste intacte ; pour ce qui est de l'armée, il dit qu'il n'admettra pas qu'elle pénètre sur son territoire ; 13 si, en revanche, Philippe installait la statue contre le gré des Scythes, il la renverserait après son départ et il transformerait le bronze de la statue en pointes de flèches. 14 Les esprits ayant été irrités de part et d'autre par ces échanges, le combat s'engage. Alors que les Scythes l'emportaient en valeur, en nombre et en courage, ils sont vaincus par un stratagème de Philippe11. 15 Vingt mille femmes et enfants furent capturés, une grande abondance de bétail, rien en fait d'or et d'argent. Ce fut le premier témoignage du manque de ressources scythe. 16 Vingt mille juments de bonne race furent envoyées en Macédoine pour la reproduction.

3,1 Cependant les Tribales marchent contre Philippe, à son retour de Scythie ; ils refusent de lui livrer passage s'ils ne reçoivent pas une part du butin. 2 De là une altercation, puis un combat au cours duquel Philippe fut blessé à la cuisse de telle façon que le coup traversa son corps et que son cheval fut tué12. 3 Alors que tous le croyaient mort, le butin fut abandonné. Ainsi les biens des Scythes, comme des dépouilles maudites, faillirent être cause de deuil pour les Macédoniens.

Guerre contre les cités. Bataille de Chéronée 4 Cependant, dès sa guérison, Philippe entreprend contre les Athéniens une guerre dont il avait longtemps dissimulé le dessein. 5 Les Thébains se rallièrent à la cause des Athéniens, craignant qu'une fois ces derniers vaincus, les feux de la guerre, en tant qu'allumés dans le voisinage, ne se propagent jusqu'à eux. 6 Donc, une fois conclue l'alliance entre les deux cités13, ennemies mortelles peu de temps auparavant, la Grèce est harcelée de leurs ambassades : ils cherchent à obtenir que l'ennemi commun soit chassé par des forces communes ; 7 si, en effet, Philippe réussissait dans ses premières entreprises, il ne s'arrêterait pas qu'il n'ait vaincu toute la Grèce. 8 Ébranlées, des cités se joignent aux Athéniens, mais la peur de la guerre en attire vers Philippe. 9 Une fois le combat engagé, alors que les Athéniens l'emportaient de beaucoup par le nombre de soldats, ils sont vaincus par la valeur des Macédoniens, endurcie par des guerres continuelles14. 10 Ils ne tombèrent pas, cependant, oublieux de leur gloire première, puisque tous, blessés par-devant, recouvrirent de leurs corps en mourant les postes que leurs chefs leur avaient donnés à défendre. 11 Cette journée mit fin, pour toute la Grèce, à la gloire de la souveraineté et à une très ancienne liberté.

Philippe, maître de la Grèce
4,1 La joie de cette victoire fut subtilement dissimulée15. En bref, Philippe ne fit pas ce jour-là les sacrifices habituels, il ne rit pas au cours du repas, il n'ajouta pas de divertissements entre les plats, il ne se couronna ni ne se parfuma, et il se maîtrisa, autant qu'il était en son pouvoir, de telle façon que personne ne ressente sa victoire. 2 Par ailleurs, il ne se fit pas appeler roi en Grèce, mais général en chef16. 3 Et il trouva une juste mesure entre une joie muette et la douleur des ennemis, si bien qu'il ne semblait ni exulter parmi les siens, ni insulter aux vaincus. 4 Aux Athéniens, qu'il avait éprouvés comme ses pires ennemis, il renvoya sans rançon les prisonniers de guerre et rendit pour leur donner une sépulture les corps de ceux qui avaient été tués dans la bataille et il les engagea personnellement à déposer leurs restes dans les tombeaux de leurs ancêtres. 5 De plus, il envoya à Athènes son fils Alexandre, avec son ami Antipater17, pour qu'il fasse avec eux un traité de paix et d'alliance18. 6 En revanche, dans le cas des Thébains, il vendit non seulement les prisonniers, mais même l'autorisation d'ensevelir ceux qui avaient été tués ; 7 quant aux premiers citoyens de la cité, il fit décapiter les uns, réduisit les autres à l'exil, s'empara des biens de tous. 8 Ensuite, il rétablit dans leur patrie ceux qui en avaient été chassés injustement ; il donna comme juges et gouverneurs à la cité trois cents exilés venant de ce groupe. 9 Alors que tous les citoyens les plus influents avaient été cités en justice devant eux, sur le chef même d'accusation de les avoir envoyé injustement en exil, ceux-ci furent d'une telle fermeté qu'ils s'en reconnaissaient tous responsables et qu'ils affirmaient qu'on en avait mieux agi avec l'état quand les bannis avaient été condamnés que quand ils avaient été réhabilités. 10 Audace étonnante, à coup sûr! ils prononcent une sentence sur ceux qui avaient droit de vie et de mort sur eux et dédaignent la grâce que leurs ennemis peuvent leur accorder, et puisqu'ils ne peuvent revendiquer matériellement leur liberté, ils se l'arrogent en paroles.

5,1 Une fois mises en ordre les affaires en Grèce, Philippe ordonne de faire venir à Corinthe les délégués de toutes les cités pour fonder juridiquement l'actuel état de fait. 2 Il établit là les clauses de paix de l'ensemble de la Grèce, selon les mérites de chaque cité, et choisit à partir de toutes les cités les membres d'une assemblée plénière, un sénat unique, en quelque sorte. 3 Seuls, les Lacédémoniens dédaignèrent à la fois le roi et les lois, estimant que c'était de la servitude, non pas une paix : les cités elles-mêmes n'en avaient pas convenu, mais elle était apportée par le vainqueur19. 4 Ensuite, les contingents auxiliaires de chaque cité sont déterminés, soit que le roi doive être aidé par cette troupe au cas où quelqu'un l'attaquerait, soit qu'il y ait une guerre à faire sous son commandement. 5 Il n'y avait pas de doute en effet que l'empire des Perses ne soit visé par ces préparatifs. 6 Le total des contingents auxiliaires était de deux cent mille fantassins et quinze mille cavaliers, 7 sans compter l'armée de la Macédoine et les peuples barbares assujettis à ses confins. 8 Au début du printemps, il envoie en avant-garde en Asie, dans les régions sous autorité perse, trois généraux, Parménion, Amyntas, et Attale dont il avait épousé la sœur20, après avoir peu de temps auparavant répudié Olympias, la mère d'Alexandre, sur un soupçon d'adultère.

L'assassinat de Philippe
6,1 Entre temps, pendant que les contingents auxiliaires se rassemblent en Grèce, il célèbre les noces de sa fille Cléopâtre21 avec Alexandre, qu'il avait fait roi d'Épire22. 2 Le faste marquant cette journée s'accordait avec la grandeur des deux rois, celui qui donnait sa fille et celui qui prenait épouse. 3 Il n'y manquait pas non plus la magnificence des jeux : alors que Philippe allait les regarder, marchant sans gardes du corps entre les deux Alexandre, son fils et son gendre, un jeune noble macédonien, Pausanias, qui n'était suspect à personne, s'étant posté dans un couloir étroit, égorge Philippe au passage et fait de ce jour voué à la joie un jour endeuillé par de tristes funérailles. 5 Pausanias, dans les premières années de son adolescence, avait été la victime d'Attale qui lui avait imposé des relations coupables, au déshonneur desquelles s'était ajoutée aussi cette abomination : 6 amené à un banquet et grisé au vin pur, Attale l'avait soumis non seulement à ses désirs, mais aussi à ceux des convives, comme une vile prostituée, et l'avait rendu le jouet de tous, au milieu de ceux de son âge. 7 Supportant péniblement cette situation, Pausanias s'en était souvent plaint à Philippe. 8 Comme, non sans moquerie, ses plaintes étaient éludées par des subterfuges variées, et que, par-dessus le marché, il voyait son ennemi élevé au rang de chef d'armée, il tourna sa colère contre Philippe lui-même et, n'ayant pu se venger de son ennemi, il se vengea sur le juge injuste.

7,1 On crut également que Pausanias avait été envoyé par Olympias, la mère d'Alexandre, et qu'Alexandre lui-même n'avait pas été dans l'ignorance de l'assasinat de son père ; 2 de fait Olympias ne souffrait pas moins de sa répudiation et de se voir préférer Cléopâtre, que Pausanias de son déshonneur. 3 Quant à Alexandre, il redoutait de se voir disputer le trône par un frère, issu de sa belle-mère23, et à cause de cela, il était arrivé auparavant, dans un banquet, qu'il se prenne de querelle d'abord avec Attale, puis avec son père en personne, 4 à tel point même que Philippe l'avait poursuivi en brandissant son glaive et qu'il avait été difficilement détourné du meurtre de son fils par les prières de ses amis. 5 Devant cela, Alexandre s'était réfugié avec sa mère chez son oncle, en Épire, puis auprès des rois des Illyriens24; 6 il avait avec peine adouci son hostilité pour son père qui le rappelait, et avait été difficilement poussé à revenir par les prières de sa famille25. 7 Quant à Olympias, elle poussait à la guerre son frère Alexandre, le roi d'Épire, et elle aurait fini par l'y amener si le père ne s'était pas gagné le gendre par les noces de sa fille. 8 On croyait que Pausanias, qui se plaignait de l'impunité de son déshonneur, fut poussé à un si grand crime par le stimulant des colères de l'un et de l'autre. 9 Il est certain qu'Olympias tenait même des chevaux prêts pour la fuite de l'assassin26. 10 Ensuite, alors que, ayant appris l'assassinat du roi, elle était accourue aux obsèques, sous prétexte de remplir ses devoirs, elle plaça une couronne d'or sur la tête de Pausanias, suspendu à la croix, la nuit même où elle arriva, ce que personne d'autre qu'elle n'aurait pu oser, le fils de Philippe étant en vie. 11 Quelques jours après, elle fit détacher le corps de l'assassin, le brûla sur les restes de son mari et lui fit un tombeau au même endroit, et elle veilla par un nouveau rite inculqué au peuple à ce que lui soit offert chaque année des sacrifices funèbres. 12 Après cela, elle contraignit à mettre fin à sa vie, en se pendant, Cléopâtre, cause de sa répudiation par Philippe ; sa fille avait été auparavant tuée dans ses bras ; au spectacle de la pendue, elle fut en possession de la vengeance vers laquelle elle s'était hâtée par la voie du parricide. 13 En dernier lieu, elle consacra à Apollon le glaive fameux par lequel le roi avait été transpercé, sous le nom de Myrtalè, car ce nom avait été le sien, petite fille, avant celui d'Olympias. 14 Tout cela fut fait si ouvertement qu'elle semblait craindre qu'il ne soit pas reconnu que le crime avait été son œuvre.

Conclusion sur Philippe
8,1 Philippe mourut à quarante-sept ans, alors qu'il avait régné vingt-cinq ans27. 2 Il eut d'une danseuse de Larissa un fils, Arridée28, qui régna après Alexandre. 3 Il eut aussi beaucoup d'autres fils, conçus, selon l'usage royal, de diverses unions29: ils périrent les uns de mort naturelle, les autres de mort violente. 4 Il fut un roi plus passionné par l'appareil des armes que par celui des banquets, 5 et pour qui les richesses étaient principalement des instruments de guerre ; il fut plus habile à l'acquisition des biens qu'à leur conservation, 6 c'est pourquoi, au milieu de ses rapines quotidiennes, il était toujours sans ressources. 7 Il était compatissant ou perfide, à son choix et au même titre. Il n'y avait selon lui aucun moyen honteux de vaincre. 8 À la fois séduisant et trompeur, il promettait en paroles plus qu'il ne tenait ; il était artificieux dans les choses sérieuses et dans les plaisanteries. 9 Il cultivait les amitiés par intérêt, non par loyauté. Feindre d'être en bons termes avec ceux qu'il haïssait, faire naître la haine entre deux alliés, chercher à être en bons termes avec l'un et l'autre, c'était son comportement habituel. 10 Parmi cela, il avait de l'éloquence et une façon de parler remarquable, pleine de subtilité et de finesse, de sorte que son discours fluide ne manquait pas d'ornements stylistiques ni ces ornements de trouvailles spontanées.

11 À Philippe succéda son fils Alexandre qui fut plus grand que son père aussi bien en valeur militaire qu'en vices30. 12 De fait, ils avaient tous deux une méthode différente pour remporter la victoire : celui-ci conduisait des guerres franches, celui-là usait de moyens détournés. Celui-là se réjouissait d'avoir trompé ses ennemis, celui-ci de les avoir ouvertement mis en déroute. 13 Celui-là était plus avisé dans ses projets, celui-ci plus éclatant de courage. 14 Le père dissimulait sa colère, le plus souvent même, il la dominait ; quand l'autre s'enflammait, il n'y avait ni délai ni mesure à sa vengeance. 15 Le père avait l'habitude de courir du banquet à l'ennemi, d'en venir aux mains, de s'offrir témérairement aux dangers ; Alexandre ne faisait pas rage contre l'ennemi, mais contre les siens. 16 Pour cette raison, Philippe revint souvent blessé des combats, l'autre sortit fréquemment d'un banquet en meurtrier de ses amis. 17 L'un ne voulait pas être roi avec ses amis, l'autre exerçait la royauté sur ses amis. Le père préférait être aimé, l'autre, être craint. 18 L'un et l'autre avaient un goût semblable pour les belles-lettres. 19 Philippe était plus mesuré dans ses paroles et ses discours, l'autre, dans ses actions. 20 Le cœur du fils était plus prompt et plus généreux à épargner les vaincus. Le père était plus disposé à la modération, le fils à la démesure. 21 C'est avec ces qualités que le père jeta les bases de l'empire du monde entier, et que le fils porta à sa perfection la gloire de l'œuvre tout entière.


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1 Justin a coupé le récit des opérations devant Périnthe et de l'échec de Philippe en 340 a.C., dû à l'aide des Perses à la cité, dont traitait Trogue Pompée à la fin du livre VIII et au début du livre IX. N'ayant pas réussi à prendre la cité, Philippe se dirige alors vers Byzance. La première phrase du livre IX de Justin, reprise d'un autre passage de Trogue Pompée est complètement sorti de son contexte, et l'énoncé trahit, une nouvelle fois, l'ignorance géographique de notre abréviateur. Sur les événements, voir Diodore, 16,74-77.

2 340/339 a.C.

3 En fait, Byzance était une ancienne colonie de Mégare qui fut conquise —et non fondée— par Pausanias en 477 a.C. Pausanias n'était pas roi de Sparte, mais régent pour son cousin le roi Pléistarchos, fils de Léonidas. Cette double erreur de Justin résulte d'une coupure maladroite dans le texte de Trogue Pompée, qui parlait, d'après le prologue, des origines de Byzance, puis de son histoire.

4 Byzance fut conquise par Cimon, fils de Miltiade, en 471/0 a.C. La cité fut membre de la ligue de Délos, participa la révolte de Samos, et passa à Sparte à la fin de la guerre du Péloponnèse ; elle fut, entre 390 et 356 a.C., l'alliée d'Athènes dont elle réclama l'aide contre Philippe en 340.

5 Un convoi de blé d'Athènes en automne 340 a.C.

6 Raids de 339 a.C.

7 Justin a sauté l'histoire des Scythes depuis l'époque de l'expédition de Darius Ier contre Ianthyros (
2,5,8-11).

8 Citoyens d'Histrée, une colonie de Milet sur la mer Noire.

9 Apollonie Pontique, une autre colonie de Milet sur la mer Noire.

10 Un roi des Histriens appelé Moskon est connu par des monnaies datables de la fin du IVe ou du début du IIIe s. (C. Preda, Fasti…, p. 237, n. 3353.

11 Cf. Frontin, Str. 2,8,14.

12 L'anecdote a frappé les Anciens : cf. à propos du pauvre cheval, le fragment conservé de Marsyas de Pella (FGH 135/6 F 17)

13 En nov. 339 a.C. après que Philippe eut franchi les Thermopyles et occupé Élatée. Les efforts de Démosthène avaient détaché les Thébains de l'alliance avec Philippe, renforcée à l'ouverture de la quatrième guerre sacrée (340 a.C.), dont Justin ne parle pas. Sur les événements, voir Diodore, 16,84-88.

14 Bataille de Chéronée en Béotie, le 1er sept. 338 a.C.

15 À propos des réactions de Philippe, voir Diodore, 16,87 et Plutarque, Dem. 20,3.

16 Philippe fut proclamé h(ge/mwn par les délégués des cités qui participèrent au congrès de Corinthe pendant l'hiver 338/7 a.C. (cf. infra,
5,1-2).

17 Antipater (c.400-319) fut l'un des meilleurs généraux de Philippe, puis d'Alexandre, et l'un des plus importants des diadoques ; on le retrouvera souvent dans le récit de Justin.

18 Paix de Démade, 337 a.C.

19 À la fin de l'automne 338 a.C., Philippe punit les Spartiates de leur attitude en leur imposant des abandons de territoire en faveur d'Argos, de Tégée, de Mégapolis et de la Messénie.

20 Cléopâtre était en réalité la nièce d'Attale. Philippe l'épousa en 337 a.C. Diodore, utilisant peut-être deux sourcees, parle tantôt de la sœur (
17,2,3), tantôt de la nièce d'Attale (16,93,9).

21 Le mariage fut célébré dans l'ancienne capitale, Égées, pendant l'été 336 ; la mariée était fille de Philippe et d'Olympias, et sœur germaine d'Alexandre le Grand.

22 Alexandre Ier (342-330), cf. supra,
8,6,4-8.

23 Cléopâtre eut de Philippe une fille, Europè (cf. infra,
9,7,12), mais on ignorait le sexe de l'enfant à naître au moment de la fameuse querelle entre Alexandre et Philippe.

24 En 337 a.C. Alexandre et Olympias partent auprès d'Alexandre Ier, le futur gendre de Philippe.

25 Alexandre revint après la naissance de la fille de Philippe et de Cléopâtre, avec l'assurance d'être alors l'héritier présomptif.

26 Pausanias fut rattrapé dans sa fuite par Perdiccas, Attale et Leonnatos (cf. Diodore, 16,91).

27 Né en 383/2 a.C., Philippe exerça le pouvoir comme régent, puis comme roi de 359 à 336, ce qui fait plus exactement vingt-quatre ans.

28 Philippe III Arridée, fils de la danseuse Philinna.

29 On connaît sept des épouses ou concubines de Philippe, mais quelques-uns seulement de ses enfants (voir tableaux généalogiques en annexe), en dehors de ceux que l'on a déjà cités : Alexandre et Cléopâtre, enfants d'Olympias, Arridée, fils de Philinna, et Europè, fille de Cléopâtre. Alexandre, au début de son règne, fit tuer son frère consanguin Caranos (infra,
11,2,3 et la n. ad loc.) et un certai nombre de ses proches parents (infra, 11, 5,2).

30 Ainsi juge Cicéron (De Off., 1,26,3) : Philippum rebus gestis et gloria superatum uideo a filio ; facilitate et humanitate fuisse superiorem.


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